Schémas et croyances

Comment sortir d’un schéma répétitif ? Comprendre la boucle avant de la changer

Changer de décor ne suffit pas toujours. Une même difficulté peut réapparaître dans un nouveau poste, une autre relation ou un projet différent. Avant de chercher à « casser » le schéma, je vous propose de comprendre la scène qui se répète et la place que vous pouvez y reprendre.

Margaux Meurisse face à la mer

La boucle répétitive

Le mot « schéma » est utile s’il décrit une séquence observable. Il devient trompeur lorsqu’il sert d’étiquette sur votre personnalité. Dans cet article, il désigne une suite récurrente : une situation déclenche quelque chose, vous lui donnez un sens, une émotion et une impulsion apparaissent, vous réagissez, puis une conséquence renforce ou fragilise cette façon de faire. Ce n’est ni un diagnostic ni une explication unique de votre histoire.

Une femme peut, par exemple, remarquer qu’elle accepte systématiquement une demande avant d’avoir vérifié son temps disponible. Ici, l’exemple porte sur le comportement et son contexte, pas sur un « profil » psychologique. La question utile est : « Dans quelles circonstances est-ce que je dis oui trop vite, et qu’est-ce qui se passe juste après ? » Cette précision change tout. On ne transforme pas une étiquette ; on peut expérimenter une réponse différente à un moment précis.

Attention à ne pas ramener toute répétition à une cause intérieure. Une surcharge de travail, une précarité, une relation déséquilibrée ou le comportement d’autrui comptent aussi. Comprendre votre marge d’action ne signifie jamais vous attribuer la responsabilité de ce que les autres font.

Un réflexe qui revient

Une réponse peut apporter un bénéfice immédiat tout en ayant un coût plus tard. Dire oui évite peut-être un conflit aujourd’hui, mais crée de l’épuisement demain. Vous taire protège peut-être un lien dans l’instant, mais laisse votre besoin sans place. Cette logique n’est pas absurde : elle explique pourquoi la volonté seule ne suffit pas. Il faut regarder ce que le réflexe obtient à court terme et ce qu’il vous retire à long terme.

Les approches cognitives et comportementales décrivent les liens entre pensée, émotion et action. Elles montrent aussi comment l’évitement peut entretenir certaines difficultés. Cela fournit un cadre d’observation, pas la preuve qu’un coaching particulier produit un résultat donné. Je préfère cette honnêteté à la promesse selon laquelle une prise de conscience suffirait à « reprogrammer » une personne.

Une autre raison de la répétition tient à l’attention : quand vous craignez déjà une issue, vous la repérez vite et vous pouvez manquer les éléments qui la nuancent. Il ne s’agit pas de nier votre intuition. Il s’agit de confronter une anticipation aux faits avant de lui laisser diriger la suite.

Dessiner votre boucle

Pendant sept jours, choisissez une seule situation qui revient. Après chaque épisode, écrivez cinq lignes : 1. Le fait précis, sans interprétation. 2. La phrase qui vous a traversé l’esprit. 3. L’émotion et, si vous le souhaitez, son intensité de 0 à 10. 4. Ce que vous avez fait. 5. Le soulagement immédiat et le coût éventuel un jour plus tard. N’analysez pas votre enfance à partir de ces notes ; cherchez d’abord la régularité de la séquence.

Au bout de la semaine, relisez et entourez le premier point où une autre réponse serait possible. Parfois, ce point n’est pas l’émotion, que l’on ne choisit pas. C’est le délai avant de répondre, la formulation d’une question, la demande d’un fait ou le fait de consulter une personne fiable. Choisissez le point le plus petit qui reste sous votre contrôle.

Cette méthode est inspirée des exercices de relevé des pensées du NHS : séparer situation, interprétation, émotion et comportement aide à voir davantage d’options. Si l’exercice accroît fortement votre détresse, arrêtez-le et demandez un avis à un professionnel de santé.

Changer de réponse

Formulez une expérience, pas une résolution identitaire. « La prochaine fois que cette demande arrive, je répondrai : je vérifie mon agenda et je reviens vers vous demain » est testable. « Je ne serai plus jamais une personne qui s’efface » ne l’est pas. Préparez la phrase à l’avance, imaginez les obstacles concrets et choisissez une situation de faible enjeu pour commencer.

Après l’essai, ne notez pas seulement si vous avez réussi. Demandez-vous : qu’avais-je prévu ? Qu’est-il réellement arrivé ? Qu’ai-je appris sur moi, sur l’autre et sur le contexte ? Même si l’ancienne réaction revient, vous avez recueilli une information. Le changement se travaille dans cette boucle d’observation, d’ajustement et de répétition, sans calendrier universel.

Lorsque le problème touche à la violence, à l’emprise, à un traumatisme ou à une souffrance persistante, la priorité n’est pas un exercice de coaching autonome. Un soutien spécialisé peut être nécessaire. Vous avez le droit de chercher ce cadre avant de chercher une « meilleure réaction ».

Se faire accompagner

Dans mon travail, l’enjeu n’est pas de vous convaincre qu’un comportement serait « mauvais ». Nous clarifions ce qu’il protège, ce qu’il vous coûte et l’action que vous souhaitez poser aujourd’hui. L’Hypno-Coaching peut, selon votre accord et le cadre de la séance, être un support d’exploration ; il ne dispense ni de nommer le problème ni de vérifier les changements dans la vie quotidienne.

La bonne mesure n’est pas « ai-je eu une grande révélation ? », mais « qu’est-ce qui est devenu plus visible, plus libre et plus concret dans ma manière d’agir ? ». Une transition de vie offre parfois l’occasion de reconsidérer de vieilles habitudes. Elle ne vous oblige pas à vous réinventer entièrement. Vous pouvez conserver ce qui vous sert et laisser évoluer ce qui vous empêche désormais d’habiter votre place.

Quelle séquence précise mérite votre attention cette semaine, et à quel moment pourriez-vous essayer une réponse plus juste pour vous ?

Vous reconnaissez une répétition et souhaitez comprendre comment Margaux travaille avec elle ?

Découvrir son approche

Repères et sources

Ces sources éclairent les notions abordées. Cet article de coaching a une vocation informative ; il ne remplace pas un avis ou un soin médical ou psychologique.

Margaux Meurisse
L’autrice

Margaux Meurisse

Coach professionnelle et superviseuse de coachs. Elle accompagne en priorité les femmes en transition et en quête de sens, sans décider à leur place.